Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 19:12

"Tout voyageur est, d'abord, un rêveur. A partir d'un nom, d'une image, d'une lecture, il imagine une ville, un pays et n'a plus de cesse qu'il n'ait été vérifier, sur place, si la réalité correspond à son rêve. Bien sûr, la déception se trouve souvent au rendez-vous; mais, parfois, non. Et, alors, tout peut arriver; par exemple: un grand livre.

Deux phénomènes de cet ordre sont à l'origine du départ de Bruce Chatwin pour la Patagonie, qui n'est pas précisement la destination la plus fréquemment choisie par les touristes. D'abord, "un fragment de peau... pas bien grandmais d'un cuir épais et couvert de touffes de poils rouxsu'une punaise rouillée fixait à une carte postale.
- Qu'est ce que c'est, maman?
- Un morceau de brontosaure".

Non il s'agissait d'une relique de mylodon, un paresseux géant. Encore fallait-il entreprendre l'équipée en question pour l'apprendre.

Seconde initiation au voyage, vingt-cinq ans plus tard: une visite à Eileen Gray, le fameux "désigner", comme on dit en français. Agée de quatre-vingt-treize ans, elle ne voyait aucune raison de ne pas travailler quatorze heures par jour. Cela ne lui laissait guère le loisir de voyager.

"Elle habitait rue Bonaparte (à Paris). Dans son salon était accrochée une carte de la Patagonie, qu'elle avait coloriée à la gouache.
- J'ai toujours rêvé d'y aller, dis-je.
- Moi aussi, répondit-elle. Allez-y pour moi!
J'y allai... la carte d'Eileen Gray décore mon appartement."

La Patagonie, pour ceux qui l'ignoreraient, s'étend du rio Negro au Cap Horn, à la pointe australe de l'Amérique du Sud. L'Argentine et le Chili s'en partagent la souveraineté.

Par Lucie P - Publié dans : Chili
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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 14:21

"Appelez moi Ismael...appelez-moi Ismael ..." Je ne cassais de me répéter cette phrase en attendant dans l'aéroport de Hambourg, et je sentais qu'une force extraordinaire rendait mon mince billet d'avion plus lourd, toujours plus lourd à mesure que l'heure du départ approchait.

J'avais passé le premier contrôle et j'arpentais la salle d'embarquement, accroché à mon sac de voyage. Je ne l'avais pas rempli exagérément: un appareil photo, un carnet de notes et un livre de Bruce Chatwin, En Patagonie. J'ai toujours détesté les gens qui soulignent ou mettent des annotations dans les livres, mais dans celui-là mots soulignés et points d'exclamation s'étaient accumulés au bout de trois lectures. Et je comptais le lire une quatrième fois pendant le vol Hambourg-Santiago du Chili.

J'avais toujours voulu retourner au Chili. Oui, je le voulais vraiment, mais au moment de la décision la peur l'emportait, et le désir de retrouver mon frère et les amis que j'ai là-bas était devenu une promesse en laquelle je croyais d emoins en moins à force de l'avoir trop répétée.

J'avais passé trop d'années à vagabonder sans but précis, et, parfois, l'envie de m'arrêter me conseillait un petit village de pêcheurs en Crète, Ierapetra, ou une paisible bourgade asturienne, Villaviciosa. Et puis, un jour, le livre de Chatwin m'était tombé entre les mains, et voilà qu'il m'avait rendu à un monde que je croyais avoir oublié et qui m'attendait toujours: la monde du bout du monde.

Quand j'avais lu pour la première fois le livre de Chatwin, j'avais pris de la nostalgie du retour, mais la Patagonie était trop loin des simples désirs, et les distances ne font souffrir que lorsqu'elles sont associées à des souvenirs.

Aéroport de Hambourg. Les voyageurs entraient et sortaient de la boutique hors-taxes, occupaient le bar, certains avaient l'air nerveux, ils regardaient leur montre comme s'ils doutaient de l'exactitude repétée sur des douzaines d'horloges électroniques. Le moment approchait où les portes allaient s'ouvrir et où, après le contrôle des cartes d'embarquement, un bus allait nous mener à l'avion. Je pensais qu'après vingt quatre ans d'absence je revenais au monde du bout du monde."

Par Lucie P - Publié dans : Chili
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Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /Nov /2009 17:47

"Les oeuvres d'art des Maoris ne se résument pas à leur beauté, elles témoignent également de leur structure sociale, de leurs coyances et de leur histoire."

Aves l'esthétique "classique" des Maoris de Nouvelle-Zélande, les arts du Pacifique ont atteint un sommet. Par la diversité de ses styles et l'habileté technique de ses créateurs, elle a produit des objets d'une beauté imtemporelle. Mais pour mieux apprécier cette réussite, il est intéressant de connaître les matériaux utilisés, les techniques élaborées, le symbolisme des oeuvres et le contexte social, économique et religieux qui les a inspirées.

Au coeur de l'art et de l'artisanat, il y a d'abrd le bois, la pierre, l'os, les végétaux, les plumes, les pigments d'argile et autres matériaux naturels mis en oeuvre par des techniciens virtuoses. A commencer par la sculpture du bois: les pirogues, les granges, les ustensiles domestiques ou de travail sont tous taillés dans le bois.

Les objets maoris se classent en 3 catégories. La première concerne les objets communautaires, comme la pirogue de guerre. La deuxième comprend les ustensiles privés - parures, peignes, instruments de musiques et tatouages. Les outils du sculpteur, les hameçons du pêcheur, les pièges et armes du chasseur sont fabriqués par leur utilisateur et relèvent donc de cette catégorie. La troisième englobe les objets rituels placés sous la garde des tohunga (prêtres) et employés dans les cérémonies où les Maoris entrent en communication avec leurs dieux et leurs esprits ancestraux. Un simple bâton à creuser peut ainsi se métamorphoser en une forme rituelle sophistiquée.

On distingue 4 périodes: archaïque, classique, historique et moderne. Les Maoris archaïques, descendants directs des Polynésiens, survivent par la chasse, la cueillette et la pêche. Leur art se caractérise par des formes austères dont certaines surpassent par leur pureté tout ce qui a été fait depuis.

Avec le temps, la culture de la kumara (patate douce), entre autres, ainsi que la capacité à exploiter toutes les ressources naturelles de la forêt et de la mer instaurent un mode de vie villageois. Puis survient l'âge classique, avec ses surplus alimentaires, son système tribal hautement organisé et ses frontières territoriales. Des artistes à part entière émergent alors dans chacune des communautés.

Durant la période historique, l'art maori doit s'adapter à une série de changements aussi divers que l'adoption du christianisme, des mousquets et des canons, des outils en métal, des tissus européens et de cultures nouvelles. A partir de 1800, les guerres se font particulièrement dévastatrices lorsque les premières tribus à détenir des mousquets attaquent leurs ennemis traditionnels uniquement armés de massues et de lances. Devenus indéfendables, les pa (villages fortifiés) sont abandonnés et les grades pirogues de guerre tombent en désuétude avec l'apparition des armes à feu.

La période moderne débute avant 1900 et se poursuit jusquà nos jours. Durant ces dernières décennies, la montée de l'intérêt pour la maori-tanga (culture maori) coïncide avec sa renaissance. Au début du XXème siècle, de grandes figurescomme Sir Apirana Ngata et Sir Peter Buck (Te Rangi Hiroa) se font les avocats de l'étude et du renouveau de l'art maori. La maison des réunions jouera à merveille son rôle de diffusion.

La société maorie traditionnelle: La société comme les arts reposaient sur des chefs de guerriers qui avaient pour charge héréditaire de veiller aux affaires tribales. Ce sont eux les mieux habillés, les plus décorés: leur mana (prestige) dépend de leur personne et de leur apparence.

Un guerrier en tenue ne se présente jamais sans ses armes: une ocurte massue passée sous sa ceinture, et une plus longue à la main. Les armes demeurent toujours à portée: il faut être prêt à se défendre - une attaque sournoise et soudaine sur un ennemi sans défiance impose le respect. Les guerriers se montrent également très versés dans l'art oratoire.

La société obéit à une autocratie hiérarchisée. Les individus appatiennent à des whanau (familles élargies) qui, à leur tour, forment des hapu (sous-tribus) alliées en tribus par les liens du sang. Les arbres généalogiques remontent aux waka (pirogues ancestrales) dont les tribus portent le nom.

Il existe 2 classes, qui se recoupent dans une certaine mesure. La classe supérieure comprend les ariki (nobles) et les rangatira (chefs ou généraux). La classe inférieure se compose majoritairement de gens du tutua (peuple). Quant aux taurekareka (esclaves), ils ne détiennent aucun droit, accomplissent des corvées et servent parfois de victimes lors de sacrifices ou dès qu'un évenement particulier requiert de la chair humaine.

Les Maoris s'habillent selon leur rang, mais s'ils se livent à une tâche quotidienne, ceux des classes supérieures et inférieures portent indifféremment les mêmes vêtements. Hommes et fammes se drapent d'un pagne et, si le temps ou une cérémonie l'exigent, d'un grand châle passé sur l'épaule. Les enfants prépubères vont généralement nus. Mais une fois adultes, ils doivent cacher leur sexe.

L'art du tatouage:

Le tatouage facila indique le rang de la personne. Les tatoueurs sont bien payés. Avec des ciseaux en os d'oiseaux trempés dans un pigment charbonneux qui beuit sous la peau, on pratique sur le visage deshommes des incisions profondes et douloureuses. Les guerriers du Nord portent souvent des tatouages additionnels sur les fesses et les cuisses. Les femmes arborent de profonds tatouages surle menton et les lèvres, beuis par des peignes à aiguilles.

Les têtes momifiées témoignent de cet art remarquable. Les Maoris ramènent les têtes de leurs ennemis au village pour les bafouer, mais préservent celles de proches pour les pleurer. Grâce à un traitement à la vapeur, à la fumée et à l'huile, ellesdemeurent alors intactes, conservant chevelure, peau et dents. Par respect pour les croyances maories, les musées les exposent rarement. Les Maoris mènent actuellement campagne pour le retour des têtes momifiées détenues par les musées étrangers.

Un art dédié aux Dieux:

Si les tatoueurs et autres artistes sont généralement des prêtres respectés, issus de classes supérieures, chefs et gens du peuple honorent également l'art, et même les nobles ne dérogent pas en se tournant vers un travail créatif. Les femmes de haut rang confectionnent de belles parures, et leschefs occupent souvent leurs loisirs à sculpter une boîte ou tout autre objet.

Les artistes maoris s'appuient sur leur croyance en des dieux et des esprits ancestraux. Durant la période préchrétienne, ils sont animistes, pensant que les êtres surnaturels résident dans les élements de la nature. Hymnes et rituels sont donc nécessaires pour garantir le succès de toute entreprise.

Les individus, les objets fabriqués à la main et les éléments de la nature possèdent une force psychique appelée mana. Cette notion est essentielle à la compréhension de l'art et du comportement maoris. Le mana se traduit à de nombreux degrés différents, comme le prestige, l'influence, l'autorité et, par dessus tout, le pouvoir psychique. La présence de la mana se manifeste aussi bien dans le succès d'un guerrier lors d'une bataille, quedans l'efficacité d'un hameçon. La mana s'accroit avec le succès et diminue à la suite d'un contact impropre. Si un chef ou ses possessions sont touchés par une personne de rang inférieur, il y a alors salissure et la mana faiblit.

Dans la société traditionnelle, hommes et femmes sont séparés dans toute activités artisanales. Les premiers travaillent les matières dures (bois, os, pierre), les secondes utilisent des matières souples ou préparent les fibres de lin employées dans la fabrication de vêtements et de taniko (franges décoratives). La femme a été façonnée à partir de la terre par Tane. L'homme est une création spirituelle directe du dieu Tu. Les femmes sont tua (non sacrées), contrairement aux hommes, tapu. Ce qui les place dans une position subalterne et les exclut des hautes pratiques religieuses, des arts et des activités impliquant les dieux les plus importants et les esprits ancestraux. Les femmes ne peuvent s'approcher d'un homme réalisant un objet d'art. Des punitions sévères sanctionnent toute transgression à cette règle.

Les chefs et les prêtres bénéficient du statut le plus élevé. Ils n'accèdent à cette position qu'après un long apprentissage des rites religieux. Les tiki wananga (bâtons divins), enrobés de cordes sacrées et parés de plumes, servent aux prêtres quand ils prient les dieux et les esprits ancestraux d'accorder leur protection à la tribu. Des taumata atua en pierre (dieux des récoltes) sont placés dans les jardins ou à proximité pour accroître la fertilité des pousses.

De remarquables coffres funéraires, creusés en un seul bloc et dotés d'une porte épaisse, contiennent les os des défunts. Les coutumes funéraires maories veulent que l'on enterre une première fois les personnages importants, puis que, un an ou deux plus tard, on récupère leurs os pour les placer dans ces coffreslors d'une ultime cérémonie. L'esprit du défunt voyage alors jusqu'au cap Reinga, à l'extrémité nord de la Northern Island, où il plonge dans les flots, vers l'antique pays de Hawaiki. Les coffres funéraires adoptent fréquemment une forme de pirogue; certains présentent même une quille centrale. Cachées dans des grottes et autres refuges, nombre de ces magnifiques oeuvres d'art ont été découvertes dans le district d'Auckland et beaucoup ont rejoint les musées.

Monuments et cénotaphes de formes variées honorent la mémoire des morts. Il s'agit souvent de totems sculptés de figures humaines stylisées, les tiki, d'autres adoptant la forme d'une pirogue, enterrée assez profondément dans la terre pour pouvoir tenir à la verticale. On érige également des poteaux pour marquer les frontières tribales ou commémorer un événement particulier.

Thèmes artistiques:

Au premier abord, l'art maori peut déconcerter par sa variété. Mais la connaissance d'un petit nombre de symbôles et de motifs révèle une réelle cohésion. Prdédominante dans la plupart des compositions, la forme humaine, ou tiki, représente le premier homme de la mythologie maorie. Le tiki figure les ancêtres et les dieux, il est sculpté dans le bois, la pierre ou l'os, tandis que la néphrite est réservée au hei-tiki (pendentif). Dans les maisons de réunions, les tiki ancestraux ornent les panneaux supportant la charpente ou toute autre partie de la structur. Leur grosse tête stylisée occupe un poteau ou panneau, signe de l'importance accordée à la tête dans les coyances maoris- c'est la partie la plus sacré du corps, avec les organes sexuels.



Par Lucie P - Publié dans : Les maoris
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 20:50

Si quelqu'un a joué un rôle capital dans la survie de la culture maorie, c'est bien Sir Apirana Ngata (1874-1950), parlementaire de la côte est de North Island. L'importance de sa contribution à l'identité maorie en fait une personnalité à part. A la fin des années 1920, anobli et nommé ministre des Affaires indigènes, Ngata a mis sur pied une législation visant à développer le territoire maori, créé une école de soins à Rotorua, et lancé un programme de construction de bâtiments à usage communautaire.

Un groupe de responsables maoris collabore avec Ngata pour appliquer sa politique nationale à l'échelon local. Parmi eux, la princesse de Waikato, Te Puea Herangi (1883-1952), demeure la force agissante du Maori King Movement né des guerres maories des années 1860. Elle redonne courage à son peuple, réactive les traditions culturelles, fait construire à Ngaruawahia un village modèle qui deviendra le centre névralgique du mouvement, et rétablit des milliers de Maoris de Waikato sur des terres agricoles. Elle rallie également une large majorité de Maoris et de Pakehas à la monarchie maorie, auparavant considérée avec suspicion en dehors de Waikato. Turangawaewae Marae et Ngaruawahia sont demeurés les premiers centres nationaux de réunions pour les Maoris.

Aujourd'hui, la petite nièce de Te Puea, Te Arikinui Dame Te Atairangikaahu, maintient le dynamisme du mouvement: quelque 100 000 Maoris sont sous son allégeance, et elle bénéficie du respect de la communauté tout entière.

Vers la fin de la grande dépréssion des années 1930, le peuple maori trouve un appui dans le gouvernement travailliste nouvellement élu. Le programme de santé de celui-ci fera plus que toutes les mesures précédentes pour élever le niveau de vie et assurer la survie physique de la communauté, menacée par les maladies que les colons européens ont introduites. Les Maoris en prendront acte, élisant uniquement des députés travaillistes jusqu'aux élections de 1996, qui leur donneront une autre opportunité avec le parti New Zealand First. La formation, en 2004, du parti Maori, a donné aux Maoris une nouvelle opportunité lors des élections de 2005.

Après la Seconde Guerre mondiale, un changement majeur va transformer en profondeur la société maorie. Le déclin des emplois en milieu rural coïncide avec une expansion rapide du secteur secondaire dans les zones urbaines, attirant les Maoris en nombre croissant vers les villes. En 1945, plus de 80% d'entre eux vivaient encore à la campagne; dans les années 1980, ce chiffre est tombé à moins de 10%. Pour la première fois, les Maoris (14% de la population) et les Pakehas (la majorité des 76% restants) doivent vivre côte à côte.

Les Maoris sont en butte à une discrimination parfois ouverte, parfois plus subtile. Privés d'accès et d'encouragements réels à poursuivre leur éducation, beaucoup se retrouvent condamnés à des emplois à bas salaires. Les conditions de logement sont à l'avenant - un cercle vicieux qui verrouille leurs perspectives d'emploi. Il découvrent un monde différent, dur, dépourvu du réseau de soutien que leur offrait la famille élargie. Beaucoup de ceux qui naissent dans ce nouvel environnement, luttant pour se construire une identité et un avenir, réagiront à leur manière: la criminalité augmente, accentuant encore ce cercle vicieux.

Des progrès ont cependant été accomplis durant les dernières decennies. Le système éducatif s'est progressivement adapté à ces nouvelles exigences. Le kohanga reo (foyer linguistique) a été mis sur pied  pour imprégner les petits Maoris de leur langue et de leurs traditions. Le cursus scolaire reflète mieux l'importance de la culture maorie dans la vie quotidienne. Des programmes incitent les Maoris à poursuivre des études supérieures, et plusieurs lois récentes interdisent la discrimination dans le monde du travail. Les tribunaux offrent aide judiciaire et services de traduction, tandis qu'au Parlement on parle occasionnellement le maori, aujourd'hui seconde langue officielle du pays.

En dépit des évolutions, la pauvreté demeure endémique dans certaines régions, et les Maoris continuent à remplir les prisons en proportion excessive. Ce qui conduit certains commentateurs à se demander si ces problèmes sociaux ne remontant pas beaucoup plus loin, notamment aux débuts de la colonisation.

Le tribunal waitangi a été créé en 1975 pour aider les Maoris à récupérer leurs territoires perdus. Ils peuvent également demander des compensations, sous forme de terre, d'argent ou de quotas de pêche, pour les ressources qui leur ont été injustement confisquées à la suite de la colonisation. Le tribunal a beaucoup fait pour tenter de répondre à leurs requêtes. Mais des conflits culturels continuent d'opposer périodiquement les deux communautés. Au milieu des années 1990, un mouvement pour la souveraineté maorie a connu une existence éphémère, tandis que, en 2003, le pays s'est affolé quand les Maoris ont revendiqué la zone littorale située entre les marées basse et haute.

Ces derniers s'affirment aujourd'hui dans tous les domaines de la vie néo-zélandaise - dont la potitique -, et une image d'eux plus positive tend à remplacer les vieux clichés.

Le hui dévoile un aspect particulièrement révélateur de la culture maorie. Il intervient généralement sur un marae (esplanade devant la salle de réunions), sous l'oeil de la tangata whenua, ou tribu invitante. Après les premières cérémonies d'usage, le hui s'ouvre aux discussions publiques et privées d'affaires d'intérêt local, tribal ou national. Il comprend également un banquet, des chantes et des services religieux. Les participants dorment dans le vaste hall de réunions, où les discussions se poursuivent parfois jusqu'à l'aube.

Les mariages, baptèmes ou cérémonies funéraires maoris diffèrent également beaucoup de ceux pratiqués par les Pakehas. S'y mèlent volontiers discours, chants et proverbes en langue maorie, et les sentiments s'y expriment avec une remarquable liberté de parole. Des concepts tels que le tapu (sacré), le noa, le wairua (spirituel) et le mana (autorité spirituelle) perdurent dans le quotidien du Maori moderne.

Les deux principales cultures du pays vivant aujourd'hui au coude à coude, les Pakehas se sentent tenus de mieux respecter les rites maoris et les lieux tapu (accueillant objets sacrés, événements historiques ou enterrements). Ils assistent de plus en plus à des cérémonies maories comme le hui (assemblée traditionnelle), le tangi (le deuil), et la karakia (prière). Il faut espérer que les 2 communautés bénéficieront de cette évolution positive.

Par Lucie P - Publié dans : Les maoris
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 20:37

 

Petit détour au cœur du Pacifique, que demander de plus ?!

« - Prêt mon capitaine ?

  - Prêt mon p’tit ! »

 

Un dernier regard vers Whangarei, sa marina et ses voiliers, et un embarquement immédiat à bord de notre catamaran,  Plan B.

Graham et moi, nous hissons les voiles et nous partons en direction de Whitianga et les criques du Coromandel, le long de la côte Est de la Nouvelle Zélande. Nous croisons Poor Knights Islands et Great Barrier. Quelques cargos de commerce à bâbord.

 

Assis des deux côtés, à l’avant de notre catamaran, nous laissons place à quelques instants de fraîcheur, de liberté, de rêve … Nous sentons l’écume sous nos pieds et apercevons, par centaine les poissons, les plus téméraires, qui se frottent à notre coque. Juste le temps de longer les criques et l’aventure repart de plus belle.

 

Ce matin, un pingouin bleu, juste un, nage à nos côtés. Quelques albatros suivent notre trace et puis s’enfuient, sans un bruit. [Graham me racontent comment ces grands oiseaux de mer, prennent leur envol, quelques jours après leur naissance. Un an passé au dessus des océans. L’arrivée est assez tumultueuse, la communion avec la terre est parfois longue]. Des mouettes. Une dizaine de dauphins nous réveillent sous un soleil on ne peut plus puissant ; ils bondissent, ils parlent et nous observent. De la magie dans les yeux, une vie qui pétille, un voyage  grandiose.

 

Ecoutez, vous entendez ?! Regardez ! Plus rien autour de nous, la côte et ses falaises ont disparues, nous sommes seuls au milieu de l’Océan Pacifique. Juste le bruit des vagues, un bleu outremer si intense. Les paquebots de croisières s’approchent, de nouveaux cargos et puis, plus rien.

 

Voilà que notre ligne tangue.

« Un thon mon capitaine, et aussi naturel, vous m’en direz des nouvelles ! ».

Ce n’est pas fini, 4 barricudas nous rejoignent à bord. Nous les évidons et coupons les filets, de quoi nourrir tout un équipage ! Petit coup d’œil à bâbord, à tribord, aucun  pirates en vue, nous poursuivons notre route… Nous venons de quitter Bay of  Plenty et White Island.

 

Nous longeons East Cape, Giborne, Hawke Bay et Napier. Le catamaran nous indique 300 pieds au dessus des fonds marins. Incroyable !

 

Quelques moments passés à la lecture des anciennes cartes, aux techniques de navigation aussi, et puis nous nous engouffrons au fond du Détroit de Cook. Nous nous situons à mi chemin entre l’Ile du Nord et l’Ile du Sud. Nous empruntons la superbe route des Marlborough Sounds et du Queen Charlotte. Fjords et vallées élevées dans la baie, sapins et puhutukawa [arbres à fleur rouge particulier en Nouvelle Zélande] apparaissent.

 

Le ferry qui relit les deux îles nous frôle. Nous filons, émerveillés par la puissance de ces paysages. De nouvelles criques, des parcs de pêche. Le bleu de la mer turquoise. La vie humaine nous revient. Nous accostons dans la marina de Picton, dernière étape de notre traversée. Et voilà que déjà, nous rejoignons nos compagnons d’Alaska et du Galápagos. Un voyage magique, une liberté grandissante…

 

Par Lucie P - Publié dans : Nouvelle Zélande
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